AVS sans salaire et très en colère....

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AVS sans salaire et très en colère....

Message par Steph LEFEBVRE le Mer 26 Sep - 21:52

A.V.S: Aptitudes Vainement Sacrifiées


On nous nomme AVS ou EVS, parfois avec des nuances telles que AVS-I(ngrat), AVS-CO(n).
Notre mission est de combler les « trous » de l'Éducation Natio­nale.
Nous pal­lions au manque de per­son­nel qua­li­fié pour accueillir les
enfants han­di­ca­pés à l’école. Auparavant, nous faisions office de
secré­tai­res aux direc­teurs d’écoles.
Nous sommes précaires, on
coûte moins chers. Nos contrats ont été inven­tés pour faire bais­ser le
taux de chô­mage d’abord chez les jeunes puis les per­son­nes qui
bénéficient des mini­mas sociaux.

Il a existé deux types de
contrat pour les AVS/EVS: les pre­miers, de 26h, ont disparu, pour
descendre aux actuels qui sont de 20h. La rému­né­ra­tion est égale au
SMIC, soit à peine plus de 600 euros nets par mois pour 20h. Autant dire
que vivre avec 600 euros et des poussières par mois c’est moins que
juste, surtout pour une per­sonne seule ou qui a des enfants à charge.
Certains d’entre nous cumu­lons donc d’autres emplois pour arrondir les
fins de mois et join­dre les deux bouts. Il n’est pas rare qu’en plus
de nos heures heb­do­ma­dai­res payées par l’État, nous sur­veillions
des can­ti­nes le midi et/ou des études en fin de jour­née, heures
payées par les Mai­ries: Cela veut dire tra­vailler de 8h30 à 18h sans
dis­conti­nuité, soit presque 10h par jour d’école, pour arri­ver à
cumu­ler envi­ron 1000 euros par mois. Seul hic: on doit se contenter de
nos 20 ou 26h en période de vacances scolaires, puisqu'il n'y a pas de
surveillances péri-scolaires effectuées.
Ceux d’entre nous qui sont
(encore?) affec­tés aux taches admi­nis­tra­tive font un tra­vail de
secré­ta­riat indis­pen­sa­ble, sans être reconnus, pour un salaire
déri­soire.
Les autres, qui tra­vaillent avec des enfants
han­di­ca­pés (phy­si­que et/ou psy­chi­que), ne reçoi­vent aucune
for­ma­tion spé­ci­fi­que, ceci au détri­ment de l’enfant, et à notre
propre détriment puisque parfois nous nous retrouvons démunis devant
certaines situations. Heureusement, la motivation pour certains d'entre
nous nous amène à nous 'auto-former', en apprenant sur le tas, lisant,
observant, écoutant, en sachant 'la fermer' quand il faut aussi... Ne
parlons pas de ce temps là qui ne nous est pas payé non plus (de toute
façon, la capacité de réflexion sur notre travail est forcément
inexistante chez les AVS...)
En plus des condi­tions difficiles de
tra­vail qu’induit ce type de contrat, il se trouve que régu­liè­re­ment
nos droits sont bafoués.
Il n’existe pas de prime de dépla­ce­ment,
ni de ticket res­tau­rant, ni de prime REP (Réseaux Éducation
Prioritaire) pour celles et ceux d'entre nous qui tra­vaillent dans les
quar­tiers. Pas non plus de primes de licen­cie­ment. Pas de for­ma­tion
ni de Vali­da­tion des Acquis de l'Expérience raisonnablement
envisageable. L'expérience est jugée 'insuffisante'. En cas d’absence
jus­ti­fiée par cer­ti­fi­cat médi­cal, trois jours de salai­re sont
entiè­re­ment rete­nus (carence), puis 50% de notre salaire par jour
d’absence. Il vaut mieux ne pas tomber malade !
Le principe d’un
Contrat Unique d'Insertion, c’est qu'on ne coûte pas cher à l'État : le
CUI est exonéré de plus de 80% des charges patronales (j'ai coûté
jusqu'en août 125 euros à l'employeur sur ma fiche de paye, j'étais donc
abordable...).
Logiquement, la précarité coûte plus cher à la
société. Le contrat aidé est un contrat super-subventionné et de
surcroit, le salarié qui touche 650 euros par mois n’a d’autre choix
pour subvenir à ses besoins que de solliciter des allocations de
compléments et autres aides nécessaires à la vie quotidienne
(allocation logement, RSA, CMU, abonnement social téléphonique,
énergétique…) autant de coûts supplémentaires pour la collectivité mais
indispensables pour pouvoir survivre. Un vrai travail avec un vrai
salaire ne poserait normalement pas ce problème. Sauf que... dans mon
cas, mon salaire (qui était de 850 euros) semblait dépasser un seuil
imaginaire de précarité, puisque je ne pouvais prétendre ni à la CMU
(dépassement de plafond), à peu d'allocations logement (mon loyer
représente la moitié de mon salaire), quant au RSA, il ne correspond pas
au versement d'un complément de Revenu d'Activité, mais à 50 euros qui
remplacent l'Allocation de Parent Isolé. Alors j'ai ramé bien des
mois... Je n'ai pas été élue pour être une Assistée de la Société. Non,
moi j'étais Riche. Il faudrait s'entendre: on est représentant de la
précarité ou on ne l'est pas!!! Soyons logiques: soyons des rebuts
jusqu'au bout! Mais ceci est un autre débat...

Pourtant,
maintenant, je devrais me réjouir! Depuis la rentrée, je suis ENFIN
pauvre puisque je ne touche pas de salaire! Comble du comble, je ne suis
plus en contrat aidé... et je coûte tellement cher à l'employeur que
non seulement j'ai du attendre 24 jours avant de signer 'un vrai'
contrat de travail (on a du m'en présenter 'un faux' il y a 4 jours dans
les bureaux de L'Inspection Académique, euh... pour que je me
calme????) mais en plus on ne peut pas me verser une chose qu'on nomme
habituellement 'salaire' mais 'un acompte' et surtout pas en fin de
mois, c'est bien trop tôt!!! J'ai dû piger vite fait que ces deux mots
n'étaient pas synonymes ou cousins, ni en terme de montant, ni en terme
de délai...

Steph LEFEBVRE

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Re: AVS sans salaire et très en colère....

Message par nestorm le Mer 3 Oct - 23:03

Bonsoir,
la réflexion sur le travail des AVS/EVS est en effet une priorité aujourd'hui! Il n'existe pas de réel statut pour ces collègues qui sont pourtant essentiels au bon fonctionnement d'un établissement. Absence de formation, salaire largement insuffisant, manque de considération du rectorat mais aussi de la part de certains personnels, il faut effectivement que cela cesse!
Les AVS/EVS sont l'exemple parfait de cette évolution de l'EN que nous dénonçons dans le collectif: on embauche des personnes qui se retrouvent dans une situation précaire financièrement, à qui l'on tente d'imposer tout et n'importe quoi sous prétexte que l'absence de réel statut laisse les collègues sans protections au regard de la loi équivalentes à celles d'autres personnel comme les enseignants titulaires.
c'est tout simplement dégueulasse... Et les licenciements massifs quand les contrats se terminent en juin ou juillet font beaucoup de casse. L'action de certains syndicats ont permis que les prudhommes fassent reconnaître le préjudice en indemnisant les collègues mais le problème n'est pas que là! Il faut des emplois stables, mieux rémunérés, ce qui sera positif pour les personnels mais aussi pour les gosses qui sont tout de même notre priorité. Ce qui n'est visiblement pas le cas des gouvernements successifs uniquement préoccupés de coupes budgétaires et de gestion des "ressources" humaines...

nestorm

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