suicide dans l'éducation nationale

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suicide dans l'éducation nationale

Message par s. le Mer 24 Nov - 13:42

http://www.liberation.fr/societe/01012304155-suicide-d-un-enseignant-quatre-mois-avec-sursis-pour-l-eleve-calomniateur

On doit tous finir comme ça ?!

Je vous laisse le commentaire d'un enseignant en 2002 suite aux suicides de France telecom

En réaction au plan d’urgence pour la prévention du stress au travail annoncé par Xavier Darcos le 9 octobre, les membres du Réseau des enseignants du primaire en résistance ont saisi l’occasion pour s’intéresser au nombre de suicides enregistrés chez les enseignants. Le chiffre est alarmant : 39 cas par an pour 100 000 enseignants, selon une étude épidémiologique de l’Inserm de 2002. Il s’agit donc de la profession la plus touchée, suivie de près par les fonctionnaires de police (35 pour 100 000).
Pour Sébastien Rome, instituteur et désobéisseur, il est urgent d’ouvrir le débat sur les conditions de travail : « Les enseignants sont face à un large public et les occasions de conflits se multiplient. On observe un désarroi croissant chez les profs. Au lieu de parler des problèmes rencontrés dans leur classe, ils se replient. Le questionnement reste individuel alors qu’il devrait être posé collectivement. La médecine du travail n’existe pas dans notre institution. » Autre donnée représentative du sentiment de défaillance : 93 % jugent leur profession dévalorisée et près de la moitié sont prêts à changer de métier. À cela plusieurs explications. Les professeurs manquent de reconnaissance. « Le métier n’a pas plus la même aura qu’avant. » Et les sentiments de culpabilité et de honte prédominent. « Nous nous sentons impuissants face à des situations sociales difficiles vécues par les élèves. L’exigence de réussite à tout prix des parents met une pression très forte sur les enseignants. Le désengagement de l’État fait perdre du sens à notre travail. »Si le tableau est sombre, les désobéisseurs refusent de se résigner. Ils proposent l’ouverture d’une enquête sur le stress des enfants et des enseignants dans l’école et demande à Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, à Xavier Darcos, ministre du Travail, et aux organisations syndicales « d’ouvrir rapidement un débat sur les conditions de travail au sein de l’Éducation nationale ».


source http://ressources.ecole.free.fr/spip/spip.php?article185



reste à savoir si ces chiffres sont fiables.En tous cas ils sont repris http://www.gauchemip.org/spip.php?article10933



Intéressant aussi l'avis de professeur sur un forum de rue 89 *


De duarn
15H18 | 17/09/2009 |

Le problème est aujourd'hui général. Depuis plusieurs années, les méthodes « managériales » du privé s'appliquent aussi à la fonction publique, singulièrement à l'éducation nationale. Il est patent que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite n'est pas suffisant pour dégraisser « libéralement » le Mammouth. De plus, l'échec de la grande grève de 2003, dû essentiellement au manque d'enthousiasme des principaux syndicats, (la plus importante de toute l'Histoire de l'éducation nationale) a suscité une réelle volonté de revanche du pouvoir politique et administratif . Après avoir trainé les profs dans la boue, il est évidemment plus facile de les affaiblir. Alors, les nouvelles équipes dirigeantes des Rectorats, des Inspections académiques ont été formées pour déstabiliser le système, pour pousser à la sortie les profs. Et tous les moyens sont bons.Que faire quand on a 25 ans de carrières et que l'on se retrouve sans poste à la rentrée et condamné à faire des tâches « pédagogiques diverses et variées » à 200 km de son domicile (bonjour la taxe carbone ! ! ! ). Dans mon cas par exemple, j'ai dû aider sous peine de retenues sur salaire un élève ayant des problèmes en Allemand… mais… je ne connais de cette langue que les quelques interdictions courantes placardées çà et là en France au début des années 40.Je passe donc aux yeux des élèves pour un prof incompétent mais dans une discipline qui n'est pas la mienne et que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam . Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Autre exemple. Un enseignant de près de 50 ans qui n'a jamais été absent en plus de 20 ans de carrière muté à 500 kilomètres de son domicile. Déraciné, il sombre dans la dépression. Après deux ans de longue maladie, le comité médical accepte sur sa demande la reprise du travail mais y adjoint une clause sur le nécessaire rapprochement de son domicile. Refus du rectorat qui passe outre les directives médicales et le menace de radiation s'il ne rejoint pas son « poste “où il assurera comme moi des ‘Tâches pédagogiques diverses et variées’ . Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Enfin, que dire de la situation des jeunes collègues ‘terrorisés’ par l'administration. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Combien de suicides de profs Monsieur Le Ministre ? Pourquoi ne publiez-vous pas de chiffres fiables ? Pourquoi l'administration refuse-t-elle de voir dans ces suicides les conséquences de sa politique criminelle à l'égard des profs L'éducation nationale est-elle devenue une filiale de France Télécom ?


Notre affiche de l'apen sur le suicide reste d'actualité...
Autre publication intéressante sur la dégradation du métier et ses conséquences physiques et morales

http://www.marianne2.fr/savoirsvivre/Prof,-un-metier-de-fou-qui-rend-dingue!_a24.html
Finira-t-on tous à La Verrière au centre de réadaptation et de réinsertion des personnels de l'éducation nationale ??

s.
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L'avènement du syndrôme orange bientôt dans l'EN ?

Message par DERIDelA le Ven 26 Nov - 13:26

Cequi est sans équivoque est ce processus de la casse de l'EN qui est similaire à ce qui s'est passé dans les autres services publics.

Mêmes étapes diachroniques, même flou volontaire quant à la perception d'une cohérence, quant aux finalités ; même évitement de tout débat et déploiement de discours pseudos-rassurants qui expliqueront que, bien sur il ne serait question de porter atteinte à l'école ; mêmes divisions claniques entre ceux qui seraient raillés, présentés comme d'inconscients conservateurs qui"n'auraient perçus la fin des Trente Glorieuses" et ceux qui en deviendraient réactionnaires, s'appuyant sur les discours démagogiques faits de paralogismes du type "c'est ancien -> il faut du nouveau, vive la réforme quelle qu'elle soit " / "C'est une chance pour nous, nous devons nous en saisir pour mieux faire".

Derrière le crédo« travailler plus pour gagner plus », cette seconde catégorie des « pourquoi pas essayer » est l'alliée de la casse de l'EN. Cet accord que l'on ne voudrait conscientiser afin de se déresponsabiliser capte tout ce que l'on nous présente comme valorisation de nos fonctions & salaires. Comment gagner plus ?Une seule manière, collaborer.

Afin de remédier à ce terme à la connotation négative, on ne collabore jamais directement au démantèlement de l'EN, on agit d'abord pour le bien des élèves : en acceptant les heures supplémentaires afin que les élèves ne se retrouvent sans profs ; en devant Préfet des Études, pour saisir cette possibilité de « changer les choses de l'intérieur » ; en acceptant d'intégrer le conseil pédagogique du lycée qui, malgré qu'il soit une instance de gouvernance abject (évaluation des collègues par des enseignants choisis du proviseurs) permet de sauver les meubles dans le cadre de la concurrence entre établissements du fait de la singularité du projet pédagogique qui y est discuté etc.
On peut aussi agir pour ses collègues en devenant tuteur par exemple.
On agit enfin surtout et pour sa gueule.
Un seul cas pourrait dissiper l'individualisme sous-jacent à ces formes de collaboration, celui où le collègue serait dépolitisé, à savoir sans affects et discernement du fait politique.




Dès lors deux / trois remarques :

Si l'on définit le fait politique comme la mise en discussion des différences et du devenir commun au sein d'une société, il peut apparaît aberrant que celui qui est chargé d'accompagner l'individu jusqu'à l'état de citoyen, soit inapte à comprendre le fait sociétal.
Par contre si l'on considère, comme la pensée néolibérale le fait, que la gouvernance est avant tout un processus de décision au sein d'un réseau dont la finalité serait d'éliminer la différence culturelle en mettant ces différences en concurrence permanente,alors la désaffection pour la politique des profs peut apparaître comme une norme à promouvoir dans leur recrutement.


Des modalités de la gouvernance.
Avant existait le pavage, à savoir la juxtaposition de zones (ex :Z.E.P.), aujourd'hui tout se voudrait réticulaire, cad en réseau (RAR, CLAIR etc.).
Pour les géographes(Retaillé, Lévy etc.) l'avantage de la gouvernance qui est au réseau ce que le gouvernement est au territoire, réside avant tout en cette nature de réseau. En effet celui-ci permet de dés-individualiser les processus de décision par le mirage de la co-gestion et surtout de réaliser des économies d'échelles. L'avenir de la fonction de gestionnaire dans nos établissements l'illustre bien : à quoi bon maintenir cette fonction dans tous les établissements s'il est possible de la centraliser au sein d'un seul établissement qui serait « tête d'un réseau scolaire» ? Cette idée de « réseau d'établissement » telle qu'elle existe déjà au Portugal(1)tends à s'affiner à la lecture du programme CLAIR.


Puisqu'il y a différence culturelle, il est nécessaire de la « gommer ».La gouvernance ne vise d'ailleurs qu'à « gérer » les différences. Mais comment parvenir à gérer la différence ?


Première modalité : Les différences peuvent et doivent être appréciées par un système commun de valeurs qui les régulera. Ne reste comme seul problème qu'à orienter la définition, à imposer et à faire accepter un tel système de valeur commun. Pour qualifier cette version doctrinale de la gouvernance, les géographes reprennent la notion de « convergence ».Cette idée recoupe en partie la connotation médiévale du terme« propagande » : 'se faire connaître, afin de se faire reconnaître, afin de se faire obéir '. Comment y parvenir ?
Ces différences peuvent être gommées par « l 'impérialisme »à savoir l'instrumentalisation de la guerre ou des religions afin de s'étendre, de survire ou de prospérer. Ceci ne serait être à l'ordre du jour au sein de l'EN.
Mais la différence culturelle peut aussi se basée sur la« co-présence »,la présence simultanée en plusieurs lieux, à savoir le « marché ».Ce que l'on pourrait percevoir comme une seconde version doctrinale de l'impérialisme vise à gommer la différence via le marché, qui engloberait et réunirait l'œkoumène dans son entier et se diffuserait toujours plus en profondeur au sein de la société. La différence est encadrée par une norme déterminée par une idéologie : après le constat de la rareté des ressources (cf Ricardo : sans rareté, il n'y a pas de problème économique) il faut que tout ait un prix et que seuls les solvables puissent prétendre convoiter un bien. L'ancienne approche en terme de« besoin primaire » qui désigne les besoins physiologique nécessaires à la vie doit tendre à se muter en« bien primaire ».


Dans cette optique, l'éducation ne devrait plus être pour l'homme qu'un bien « optionnel » réservé à une élite permettant le développement et l'accomplissement pour quelques individus. Comment gérer la différence ? En faisant déjà en sorte que tous ne puissent en avoir la capacité et disposer des armes de la connaissance et du sens critique. Cependant, en cette phase transitoire, ces étendards doivent toujours être brandis bien haut.

Le dogme néo-libéral se différencie du dogme libéral en cela que celui-ci se sait maintenant en rien « naturel » ou« scientifique ». Il ne peut plus prétendre à sa nature de « théorie(s) » car son bilan est déjà établi. Il est et se sait doctrinal ; il ne relève que de jugements et d'actions orientés dans le but de faire de cette idéologie une réalité.

et l'école dans tout cela ?
Si l'on considère que le but de toute société est de se perpétuer en transmettant l'essence de ses normes et ses valeurs aux générations suivantes ; si l'on reconnait en l'école la fonction et l'instrument de prédilection pour opérer cette acculturation sociétale, alors le l'importance de l'école pour toute idéologie qui aspirerait à être hégémonique est primordial.
Tout doit avoir un prix, ainsi devrait-il en être de l'éducation. Faites que la reproduction sociale tende à limiter 'naturellement' une telle transmission dans le cadre du groupe famille, l'impact de l'institution scolaire sur les individus s'en retrouvera renforcé.

N'entendez-vous pas raisonner dans vos têtes ces termes de « concurrence »,« de diversification de l'offre pédagogique », de« gestion des risques et conflits », de « ressources humaines » et autres « viviers de recrutement » ….ils s'y installent si profondément qu'ils commencent à s'imposer à nous comme naturel. Vous avez raison, on se fait bien tous acculturer profondément depuis quelque temps.







p { margin-bottom: 0.21cm; }
(1) un manager dans un l'établissement central du réseau entourés des services centraux tels que la gestion / un adjoint, voire un head teacher -les fameux « préfet des études » des CLAIR- par établissement qui se concentrerait sur la gestion de la pédagogie et la gestion quotidienne du personnel)

DERIDelA

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Voici la circulaire...

Message par La Grosse Bertha le Sam 27 Nov - 10:05

Voici la circulaire...
Ne reste plus qu'à trouver la discipline "porteuse".
A moyen terme, lorsque l'on sera recruté sur profil, le critère de la polyvalence pourrait désormais prévaloir. A nous les 5 disciplines enseignées par prof ! C'est aussi un peu l'histoire des profs de philo qui vont intervenir en seconde mais qui n'enseigneront pas la philo .

Bon allez, je retourne à mon footing et réapprends les paroles de la Marseillaise, on ne sait jamais : dans la mesure où le sport n'a jamais été trop corrosif pour les régimes, j'investis cette discipline porteuse.

Nb : aux collègues des disciplines peu "porteuses", n'oubliez pas qu'au bout de trois refus nous sommes depuis peu licenciables

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(affiche APEN) : suicide dans l'EN

Message par Admin le Mer 15 Déc - 12:40

Imprimer cette affiche depuis notre page matos url=http://apen76.fr/Matos_militant.html]http://apen76.fr/Matos_militant l[/url] afin de re-politiser vos salles des profs tout en les décorant !
----

[img][/img]

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http://precaires-en-7627.forumactif.us

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Re: suicide dans l'éducation nationale

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